Célébrer la culture et l’entrepreneuriat : Marché Afro-Rama

À l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, nous sommes fiers de mettre en lumière les parcours d’entrepreneures noires qui contribuent à façonner et à renforcer notre communauté. Nous vous présentons Christine Kayenga et Charlotte Wesi, co- propriétaires du Marché Afro-Rama (1025, rue Notre-Dame à Embrun), qui apportent avec elles de riches racines culturelles, de solides valeurs familiales et un engagement partagé envers Embrun.
Christine Kayenga est originaire de la République démocratique du Congo et vit à Embrun depuis près de cinq ans. Elle est fière mère de quatre enfants, âgés de 10 à 21 ans.
Charlotte Wesi a déménagé à Embrun depuis Montréal il y a environ quatre ans et est originaire du Cameroun. Elle a également une famille de quatre enfants, dont sa fille aînée, adoptée, qui est aujourd’hui dans la vingtaine, ainsi que trois plus jeunes enfants âgés de 8 à 13 ans.
Ensemble, les parcours de Christine et Charlotte reflètent la diversité, la résilience et la richesse culturelle que l’on célèbre pendant le Mois de l’histoire des Noirs. Nous vous invitons à lire leur entrevue pour en savoir plus sur leur parcours, leurs familles et la passion qui anime leur nouvelle entreprise, qui contribue à la fois à l’économie locale et au fort sentiment de communauté qui rend Embrun si spécial.
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Qu’est-ce qui vous a amenés à choisir la Municipalité de Russell? |
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Christine : Moi, personnellement, la Municipalité de Russell m’a attirée par son fort esprit communautaire et aussi parce que c’est un endroit paisible où il fait beau vivre avec les enfants, surtout quand je suis arrivée ici, ils étaient encore petits. Ma fille qui me dit souvent : « Ah, quand on marche sur la route, ils savent d’où tu viens, ils connaissent tes parents, ils te connaissent. » Et je lui dis : « Mais ça, c’est bien, c’est comme ça qu’on doit vivre, dans un endroit où on se connaît tous. » Charlotte : Tout comme l’a dit Christine, Embrun est une communauté très accueillante. Il y a un fort esprit de communauté et c’est aussi un endroit très orienté vers la famille. Quand on a de jeunes enfants, on ne veut pas toujours devoir les surveiller constamment pendant qu’ils jouent. Ici à Embrun, ce n’est pas vraiment un souci. Les enfants peuvent sortir, jouer avec leurs voisins, donc c’est très adapté aux familles. Venir d’Afrique, nous avons un fort sens de la communauté, et ici nous retrouvons ce même sentiment. Pour nous, cela représente une continuité. Il y a ce fort esprit de communauté, ce qui est formidable, et je veux que mes enfants grandissent dans ce type d’environnement. |
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Aviez-vous déjà un lien avec la région avant de vous y installer? |
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Christine : Il y a mon beau-frère qui vit ici, à Embrun. C’est lui qui m’a dit : « Viens d’abord voir là où nous vivons. » Du coup, quand je suis arrivée ici, j’ai directement aimé la région. Je me suis dit : c’est un bon endroit pour élever les enfants, pour faire des affaires, et surtout pour la communauté, comme on venait de le dire. Moi je suis Congolaise et Charlotte est Camerounaise. C’est ma sœur de cœur. Nous avons les mêmes valeurs et c’est comme ça que nous nous sommes retrouvées ensemble. Charlotte : En fait, ma famille et moi sommes arrivés à Embrun un peu par hasard, vraiment. Nous voulions déménager du Québec à Ottawa, alors nous regardions des maisons à Stittsville. Il y avait une journée portes ouvertes à Embrun, et nous avons été invités à y assister. Une fois arrivés, j’ai été séduite. Il n’y avait pas de retour en arrière possible. Je n’avais aucun lien avec la région auparavant, mais une fois arrivée, j’ai ressenti ce sentiment d’appartenance, et c’est ainsi que nous avons décidé de rester. |
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Comment décririez-vous l’accueil que vous avez reçu à Embrun? |
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Christine : Quand je suis arrivée à Embrun, l’accueil a été chaleureux. Nous avons été bien accueillis par la communauté, les voisins et aussi par l’école des enfants. On nous a vraiment encouragés à rester ici, en nous disant que c’était un très bon endroit. Et nous-mêmes, nous avons vu que c’était vrai. Charlotte : L’accueil que nous avons reçu en arrivant a été chaleureux. C’était encourageant et bienveillant. Juste pour vous montrer à quel point le voisinage est solidaire : quand nous avons emménagé, un de nos voisins est venu nous dire que si nous avions un problème avec la piscine, il pourrait venir nous aider. On ne voit pas ça très souvent dans les grandes villes, n’est-ce pas ? Pour moi, c’était vraiment encourageant. Et ensuite, en tant qu’entrepreneure, l’accueil a également été très positif. Les gens viennent, ils donnent ici et là de petits conseils, ils vous soutiennent, et ils sont vraiment adorables. Ils sont sincèrement heureux que nous ayons ce magasin africain ici. C’est un peu le premier du genre dans le coin. Nous ressentons vraiment ce soutien, même en tant qu’entrepreneurs qui démarrent ici à Embrun. |
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Comment l’entreprise a-t’elle débutée? |
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Christine : Nous avons débuté cette entreprise, je dirais, un peu comme un jeu. Nous avons commencé juste comme ça. Nous nous disions que nous allions très loin pour acheter ce que nous aimons manger. Pour trouver les légumes que nous voulons, les huiles que nous utilisons pour nos cheveux, et tout ça. Cela nous obligeait à parcourir de très longues distances. Et du coup, un jour, Charlotte et moi avons eu cette idée : pourquoi ne pas commencer quelque chose, même dans notre garage? Faisons-le. D’abord, nous avons commencé avec un petit jardin pendant l’été, et nous nous sommes demandé : ne pourrions-nous pas vendre nos produits? Comme nous parcourions de longs trajets pour trouver ce que nous aimions, nous avons pensé que la communauté africaine avait certainement les mêmes besoins que nous. Et c’est comme ça qu’est née cette idée. Charlotte : Tout comme l’a dit Christine, Afro-Rama est née d’une situation qui était vraiment inconfortable pour nous. C’était gênant, surtout quand on est en train de cuisiner et qu’on se rend compte qu’il nous manque quelque chose, et qu’on ne peut pas simplement aller l’acheter. Comme elle l’a dit, nous faisons beaucoup de jardinage pendant l’été, et nous ramenons des graines de chez nous. Nous cultivons certains légumes dans notre jardin arrière, et nous avons pensé que peut-être nous pourrions les vendre, que nous pourrions en faire une entreprise. Au début, nous avions pensé le faire depuis un petit garage, mais cela n’a pas vraiment fonctionné. Puis, cette opportunité s’est présentée. Il y avait un homme qui avait lancé une entreprise ici auparavant, et nous étions venus l’aider. Mais ensuite, il a décidé de nous vendre l’entreprise. Nous avons pensé que c’était une bonne opportunité au moment parfait. Sachant qu’Embrun est en pleine croissance, qu’il y a plus de diversité et que de plus en plus de personnes noires venant de différents horizons culturels s’installent ici, elles feront évidemment face au même problème de devoir parcourir de longues distances pour trouver les produits qu’elles veulent. Alors, pourquoi ne pas lancer cela et voir comment nous pouvons nous entraider ? C’est ainsi qu’est né le Marché Afro-Rama. |
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Quel genre de produits offrez-vous? |
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Charlotte : Nous servons la communauté avec une variété de produits africains authentiques, y compris des légumes surgelés comme le ndolé, le pondu, et d’autres plats traditionnels surgelés comme le bobolo et l’attiéké. Notre magasin propose également des épices et assaisonnements africains, comme le crabe séché et le piment camerounais, des graines pour soupes comme l’egusi, des aliments de base tels que le gari, et différents types de fufu, y compris le yam pilé. En plus des produits alimentaires, nous proposons des produits de beauté et de soins capillaires africains, comme le beurre de karité authentique, ainsi qu’une sélection de vêtements et tenues culturelles africaines. Notre objectif est d’offrir des produits de qualité tout en célébrant la culture africaine et en soutenant la diversité au sein de la communauté. |
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Qu’est-ce qui vous démarque de la concurrence? |
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Christine : Marché Afro Rama est très personnel pour nous. En tant que sœurs originaires du Cameroun et du Congo, nous sélectionnons soigneusement des produits qui reflètent nos cultures et nos traditions. Bien que nous soyons spécialisées dans les produits africains, notre boutique est un espace ouvert à tous. Nous accueillons fièrement les personnes de toutes cultures et de tous horizons. Pour le moment, nous n’avons pas encore de concurrence, mais nous restons très humbles. Nous accueillons tout le monde, nous aimons tout le monde. Nous offrons beaucoup d’amour et de respect à nos clients. Charlotte : Ce qui distingue le Marché Afro-Rama des autres commerces, c’est qu’il est très personnel pour Christine et moi. Il reflète nos cultures et nos traditions, et nous prenons le temps d’apporter à nos clients des produits alimentaires authentiques. Bien que notre boutique soit centrée sur les produits africains, nous accueillons des personnes de toutes les cultures. Comme nous l’avons mentionné précédemment, Embrun devient très diversifié, et nous sommes prêtes à servir tout le monde, quel que soit son parcours culturel. Nous sommes accueillantes, et nous faisons partie des toutes premières boutiques africaines à s’implanter dans cette région. Nous aimerions que nos clients viennent nous voir et partagent également notre culture avec nous. |
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Quel serait un conseil à donner aux jeunes entrepreneurs? |
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Christine : Ce serait de transformer les défis en opportunités. D’être patient, de croire en leur vision. Bâtir une entreprise prend du temps, mais la constance et le soutien de la communauté font toute la différence. Charlotte : La seule chose que j’aimerais ajouter, en plus de rester constant et persévérant dans sa vision, est de ne pas laisser la peur vous retenir, surtout la peur de l’inconnu. Parfois, nous ne sommes pas très sûrs du résultat, alors nous hésitons. Mais parfois, il faut se lancer dans sa vision et espérer le meilleur. |

Christine et Charlotte sont profondément reconnaissantes pour le soutien qu’elles ont reçu depuis l’ouverture et vous invitent à visiter le Marché Afro-Rama au 1025, rue Notre-Dame à Embrun.
Ayant vécu à Embrun depuis respectivement cinq et quatre ans, elles apprécient la communauté forte et unie qui les entoure ainsi que l’encouragement qui les a aidées à se développer en tant qu’entrepreneures. Charlotte ajoute que, même si créer une entreprise n’est pas toujours facile, le soutien de la communauté fait toute la différence. En regardant vers l’avenir, elles prévoient de continuer à développer leur entreprise, à promouvoir la diversité et à contribuer de toutes les manières possibles à la vie et au développement de la Municipalité de Russell.